Le métier de mes rêves

Publié le par Carant

Façonner le paysage. Le rêver, lui donner corps et le faire s’empourprer ou se blanchir. Pour les hommes, pour leur paix intérieure pour l’amour de l’autre.

Un parc défendu devient parc au délice. Demandons aux enfants, aux pompiers, aux mamans et aux vieillards. Ce qu’ils en pensent de leur parc fermé. De ce qu’ils rêvent pour demain de ce bout de parcelle.

Façonner, devenir le maître des lieux pour deux secondes et puis tout redonner aux propriétaires. Pour chercher ailleurs pour aller plus loin. Pour refaçonner un regard et une éternité. Pour rendre humain ou fou un endroit du monde. Pour isoler ou ouvrir, creuser, remblayer, casser… Faire du neuf, rendre vieux… Caler du sens ou déserter la question ou déserter les déserts. Tarir les fleuves ou leur donner plus d’eau.

Faire le paysage. Divine stratégie de conquête d’un autre chez nous. Où tout reste à voir. Où tout est possible. Où la création n’a pas de fin. Cahier des charges. Répondre à la commande, savoir la transgresser tel  David d'Angers à la création des bas-reliefs  et frises du Panthéon.  Etre une militante d’un paysage politique qui traduit ses idéaux, ses rêves, ses projections pour l’avenir.

Art de la création du monde. Du travestissement des formes, du nom des plantes et des oiseaux. De la mécanique de la roue sur la terre.  Art du langage des fleurs du parfum des bureaux d’architectes, de la lumière du soir au jardin. Art de la mise en page, de la mise en forme, du beau travail d’équipe. De l’arbre à abattre, de l’océan à traverser. L’art de dire je vais en voyage pour mon travail. L’art de se tirer des pattes du quotidien. De dire non et noms. Les paysages sonores, les cartes sensibles, les vues du ciel et de sous la terre. Les cinq cent cinquante milles façon de voir le soleil se lever. La mer. Le bruit d’un lapin qui se sauve. La rivière qui se tarie et laisse passer les hommes sur l’autre rive.

 

Faire le paysage, faire son environnement, faire sa mise en page, son enluminure. A la conquête de presque rien qui nous fait tout comprendre. Rester seule et inerte devant cette beauté du soir au dehors face à l’hiver et au froid. Au chant des baleines. Vers l’avenir. Vers la promesse d’un futur de quelque chose qui rasure et qui rend heureux. Art des cheveux noués, des gants retroussés, des pantalons bas. Art du train qui se creuse dans le noir. De la route déjà tracé qu’il reste à tracer encore. Vers le non-endormissement. Travailler des heurs, des jours et des jours à un projet. Y croire comme on croit en Dieu. Avoir soif de la concrétisation de la terre et du ciel. Tombé amoureuse des plans du jardin qui restent à construire, du lac artificiel qui deviendra grand. De cette fausse dune de sable qui viendra contrecarrée la monotonie d’une île toute plate, toute creuse.

Devenir penseuse du tout. Et du détail qui fait le tout. Des paramètres multiples. De la croyance au grand terrassement de 1989. De l’article du code civil à la petite histoire de campagne. Etre pluri-langue, pluri-regard. Avoir le goût de l’absolu et du tout petit rien. De l’insecte à la montagne. Du pain qui cuit à la dictée du petit-fils du boulanger. Etre plus à l’écoute, plus au contact, plus au cœur d’une infinité de relation et de métier et de pays et de langues. Etre dans l’internationale du regard. Toujours plus à même de découvrir et de créer.

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A
<br /> on a l'impression que tu veux être paysagier<br /> poutrelle<br /> <br /> <br />
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C
Ton texte est très dynamisant. Merci.
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