Une poésie au 27/05/08
Je stoppe mes combats pour celui de la pièce, où un bruit se fait jour comme le jour à la porte.
Il y a de ces yeux qui choquent, de ces brouillards, de c’est vague ambigüités du regard. De ces sourires rentrés. Il y a de ces cris silencieux qui viennent trouer nos gorges. Pour se retrouver sans rien. Pour se déshabiller. On ne connait pas nos secrets réciproques. On n’a même pas de temps pour nous deux. On est comme des volets qui se ferment à la nuit. Si on restait cloué peut être on parlerait. De la faim. De cette soiffe sans fin qui coure le long des lèvres. Pleine d’un vent nouveau. De la démangeaison au souffle de baiser.
Je stoppe mes combats de rues. Il y a dans ces lieux une odeur de trouble. Même après un an de pur malheur, de pure terreur et de pure haine. Il y a dans ces lieux une odeur de miel et de tout qui peut recommencer.
Même après deux ans criblés de balles, écorché, scarifié, mise en pièce, il y a dans ces lieux ma résurrection. Par un petit regard de profil, par un petit jeu de bouche, par une inclination de tête, par tout un code de plaisir. On se retrouve clos comme des oiseaux au nid, prisonnier volontaire d’un arbre enchanteur.