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Travail réalisé à Potsdam au cours de l'atelier Ideal Realität de l'université technique de Munich (Novembre 2011) par Ana P. et Carant
"Une surabondance de miel écoeure, une surabondance de vin trouble le cerveau, ainsi une surabondance de confort draine l'homme de sa force"
Citation de Jack Vance extrait d'Un monde magique
Dessins de Carant / Juillet 2011
Als das Kind Kind war,
ging es mit hängenden Armen,
wollte der Bach sei ein Fluß,
der Fluß sei ein Strom,
und diese Pfütze das Meer.
Als das Kind Kind war,
wußte es nicht, daß es Kind war,
alles war ihm beseelt,
und alle Seelen waren eins.
Als das Kind Kind war,
hatte es von nichts eine Meinung,
hatte keine Gewohnheit,
saß oft im Schneidersitz,
lief aus dem Stand,
hatte einen Wirbel im Haar
und machte kein Gesicht beim fotografieren.
Als das Kind Kind war,
war es die Zeit der folgenden Fragen:
Warum bin ich ich und warum nicht du?
Warum bin ich hier und warum nicht dort?
Wann begann die Zeit und wo endet der Raum?
Ist das Leben unter der Sonne nicht bloß ein Traum?
Ist was ich sehe und höre und rieche
nicht bloß der Schein einer Welt vor der Welt?
Gibt es tatsächlich das Böse und Leute,
die wirklich die Bösen sind?
Wie kann es sein, daß ich, der ich bin,
bevor ich wurde, nicht war,
und daß einmal ich, der ich bin,
nicht mehr der ich bin, sein werde?
Als das Kind Kind war,
würgte es am Spinat, an den Erbsen, am Milchreis,
und am gedünsteten Blumenkohl.
und ißt jetzt das alles und nicht nur zur Not.
Als das Kind Kind war,
erwachte es einmal in einem fremden Bett
und jetzt immer wieder,
erschienen ihm viele Menschen schön
und jetzt nur noch im Glücksfall,
stellte es sich klar ein Paradies vor
und kann es jetzt höchstens ahnen,
konnte es sich Nichts nicht denken
und schaudert heute davor.
Als das Kind Kind war,
spielte es mit Begeisterung
und jetzt, so ganz bei der Sache wie damals, nur noch,
wenn diese Sache seine Arbeit ist.
Als das Kind Kind war,
genügten ihm als Nahrung Apfel, Brot,
und so ist es immer noch.
Als das Kind Kind war,
fielen ihm die Beeren wie nur Beeren in die Hand
und jetzt immer noch,
machten ihm die frischen Walnüsse eine rauhe Zunge
und jetzt immer noch,
hatte es auf jedem Berg
die Sehnsucht nach dem immer höheren Berg,
und in jeder Stadt
die Sehnsucht nach der noch größeren Stadt,
und das ist immer noch so,
griff im Wipfel eines Baums nach dem Kirschen in einemHochgefühl
wie auch heute noch,
eine Scheu vor jedem Fremden
und hat sie immer noch,
wartete es auf den ersten Schnee,
und wartet so immer noch.
Als das Kind Kind war,
warf es einen Stock als Lanze gegen den Baum,
und sie zittert da heute noch.
Y-a une lune douce amère qui coure dans les chemins
Je n’dis pas que c’est la lune du partage. J’en sais rien.
J’vous dirais pas où elle habite.
J’maquillerai ses yeux pour le fun.
J’lui offrirai d’la dynamite
Et j’lui chanterai du Yves Duteil
C’est un ovni pour les planètes, un rythme pour les hommes
Une porosité incomplète dans les méandres de la seine.
Y a une lune vert pomme qui coure dedans les rues
Elle est salopette à trois pattes, muscadet du prochain été alouette en fleur
Elle brule les tournants, passe les feux et embrasse les moteurs.
C’est une vieille aux dents de crevette
A la pirouette facile
A l’entourloupe délicate
Elle à deux trois sils qui se balade toujours sur sa joue droite
Elle croit parfois sous une bonne étoile à la terrasse du bisto
Et fait chuter les chiens dans tous les caniveaux
Elle nivelle les chemins de mer
Rend turquoise les vitres de la nuit
Joue à cache-cache avec toutes les cabanes endormis
Adule les ingénieurs du son
Grossis au rythme des moissons
Crois en l’endorphine mais mâche ses mots
Pédale aux chants des vélos moteurs
Urine dans la barque des tendres, proprement, sans un bruit
La copine s’amuse à une vie de pagaille, va souvent à pigalle pour lécher les vitrines
Crois en la folie de la discipline
Est disciple du nuage et de l’extasie.
S’extasie devant l’orage comme une petite fille
Y-a une lune qui galope de par les autoroutes
Elle est, ustensile à sept roues, pneu crevé, charivari de moteur
Elle tourne de l’œil en regardent l’heur et Vlan
C’est l’accident.
Y-a une lune indécise et constante
Provoque comme une paire de chaussure neuve
Hystérique à n’en plus pouvoir
Rougissante d’éclat. Amoureuse en grand, formant comme un plateau à bière.
Une buveuse de prière brève, d’instance insistante.
Elle a la nuit pour raffoler du jour, pour parler mec, pour monter ses plans top secret.
Elle a le jour pour se faire belle et pour plonger, maillot deux pièces. Elle a le camaïeux facile la rime assassine le visage d’une sainte.
C’est la lune du bas d’la rue que l’on peu pas voir chaque nuit.
Prenez rendez-vous
© Poésie de Carant
Carant, Installation éphémère 2008, Nancy
"J'aimerais qu'il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés.Des lieux qui seraient des références, des points de départ, des sources comme mon pays natal, la maison où je suis né, l'arbre que j'aurais vu grandir.
De tels lieux n'existent pas et c'est parce qu'ils n'existent pas que l'espace devient question, cesse d'être evidence, cesse d'être incorporé, cesse d'être approprié. L'espace est un doute. Il faut sans cesse le marquer, le désigner, il n'est jamais à moi, il ne m'est jamais donné, il faut que j'en fasse la conquête." Extrait d'Espèces d'espaces de Perec (1974, p.122)